La Gravel Across Alps 2025 : une aventure, pas une course
- le casque rose
- 14 sept. 2025
- 4 min de lecture

Il y a des courses où tu pars pour la gagne, le chrono, la gloire. Et puis il y a la Gravel Across Alps 2025.
Ici, le plan était simple : 500 km, 10'000 m de D+, zéro ambition de podium, mais 100 % d’envie de vivre une aventure. Et quel meilleur partenaire que Damien Bisetti, mon complice de route, brasseur de sourires et locomotive humaine ?
Jour 1 – Turin > Motta : le sable, le ciel et la ville en or
17 juillet, 15h, on débarque à Turin avec Kevin et Damien. Le camion garé, on remonte les vélos dans l’agitation de la ville. Le départ est donné au Motovélodromo Fausto Coppi, au cœur de Turin. Déjà, ça sent la grande histoire.
À 18h20, on s’élance. Le soleil descend lentement et colore la ville d’une lumière incroyable. Turin vue d’en haut, c’est un tableau vivant : les toits rouges, le ruban du Po, et derrière, la silhouette sombre des Alpes.
Dans la montée vers le Parco della Rimembranza, on se retourne souvent, juste pour savourer. Le ciel devient orange, puis rose, puis violet. Les premières ombres s’étirent, et on sait qu’on entre dans la vraie aventure.
La nuit tombe, les lucioles remplacent le soleil, et nos lampes découpent le noir. 105 km plus tard, à 1h du matin, on s’enfonce dans un chemin sablonneux. Trois kilomètres à pousser, souffler, rigoler nerveusement. Le sable colle aux chaussures, le vélo devient un fardeau. Mais enfin, l’hôtel Americana. Une douche, un lit, et la satisfaction d’avoir déjà vécu un moment fort.
Jour 2 – Motta > Cuneo : vignes dorées et jungle italienne
Réveil à 5h, les yeux encore collés. L’air du matin est frais, le café chaud, le pain beurré avalé trop vite. On roule dans une Italie encore endormie.
Puis vient la magie : les collines de Barolo. Des vignes à perte de vue, baignées dans la lumière dorée du matin. Ça sent le raisin, la terre humide. Chaque virage est une carte postale.
Mais la journée n’est pas qu’une balade : passages à gué, portages dans des sentiers encombrés, un moment où on se croirait perdus dans une jungle miniature. On porte les vélos, on rit, on râle, on repart. L’aventure pure.
Arrivée tôt à Cuneo : une bière fraîche, un repas italien qui réconcilie avec le monde, et un lit au Best Western. Luxe suprême : on dort comme des rois.
Jour 3 – Cuneo > Touët-sur-Var : col de légende, pluie glacée et cookie maudit
6h du matin. Les jambes lourdes, mais le col de la Lombarde nous attend. Damien ouvre la route, moi je m’accroche comme un enfant à son doudou, chaque virage dévoile un paysage plus vaste, plus impressionnant.
Les 5 derniers kilomètres de gravel sont une claque : cailloux, poussière, souffle court. Damien y passe, moi je trépasse... Et au sommet… un rideau de pluie fine, un vent froid, des sommets noyés dans la brume. On frissonne, mais on sourit. C’est pour ça qu’on est là.
La descente est rapide, brutale, et nous dépose à Isola. Pause repas. Mauvais choix : croque-monsieur caoutchouteux, cookie amer. On grimace, on ronchonne, on rigole : ça fera un souvenir.
Moment absurde : lavage des vélos au Kärcher, entourés de touristes. Deux cyclistes trempés, éclats de rire.
Le col suivant ? On le coupe. Disqualification. Mais à ce stade, peu importe. On choisit l'aventure, la pizza et le camping de Touët-sur-Var. La paella promise dans le centre du village est infâme , la pizza qui suit est divine. Et les discussions avec Damien et les gérants efface la fatigue.
Jour 4 – Touët-sur-Var > Mandelieu : garrigue, TGV niçois et la mer au bout
Dernière étape. Le soleil se lève sur la garrigue, l’air sent le pin et la poussière chaude. On longe des pistes cavalières, on traverse des villages perchés, on s’arrête à Sigale pour un café qui réchauffe l’âme.
Puis, hasard heureux : on tombe sur un groupe de triathlètes niçois. On se glisse dans leur sillage. Résultat ? Un TGV lancé à 45 km/h jusqu’à la mer. Les jambes brûlent, mais on vole.
Damien lorgne sur un pumptrack. Moi, je rêve de l’arrivée. Et enfin, à Mandelieu-la-Napoule, la Méditerranée scintille devant nous. 500 km, 8000 m de D+. Une bière levée, une photo sur le tapis rouge de Cannes, un sourire immense, une aventure bouclée.
Le final de la Gravel Across Alps façon Casque Rose
Le vol retour ? Annulé.22h30 à Nice, on se retrouve plantés à l’aéroport, sacs sur le dos, jambes en compote. Pas question de dormir sur un carrelage froid. Alors on improvise : remboursement des billets, location de bagnole et hop, direction Genève.
Résultat : 4h du matin, on gare la voiture, les yeux explosés, les mollets encore vibrants des 500 km. Et à 8h ? On est au boulot. Parce que oui, la vraie vie ne fait pas de cadeau.
Ce que je retiens
La Graalps, c’est :
🌅 un coucher de soleil fabuleux sur les hauteurs de Turin,
🍇 l’odeur sucrée des vignes de Barolo,
⛰️ la brume glaciale au sommet de la Lombarde,
🍕 une pizza salvatrice après une paella ratée,
🚴♂️ un duo qui rit autant qu’il pédale,
🍻 une bière Velosophe en guise de ligne d’arrivée.
On n’a pas respecté toutes les règles. On n’a pas gagné. Mais on s’en fiche. On a vécu chaque instant à fond.
Et c’est ça, l’esprit du gravel : vivre, partager, oser.
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