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Gravel Burn – étape 3: de Graaff-Reinet à Blaauwater, une étape qui glisse… et une soirée qui bascule dans la légende

  • Jean-Marin Grillon
  • 24 nov. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 nov. 2025


Après les deux heures de bus depuis l’arrivée du Stage 2, on débarque à Graaff-Reinet.


On pose notre camp sur le terrain de sport d’une école, ambiance colonie version ultra-cyclisme.

Puis direction un restaurant du coin — un vrai, avec une table, une lumière douce, pas juste une assiette en plastique dans un camp.

Ça fait un bien fou.


La nuit, sans froid, sans drame, nous laisse presque l’illusion d’être des athlètes civilisés.

On dort bien, vraiment bien.

Et ça, ça change tout.


Le matin : calme, lumière rose, aucun stress


Un réveil doux, un ciel pâle, un vélo qui tourne rond.

Pas de météo hostile, pas de vent fou.

Le Stage 3 démarre exactement comme on rêve de démarrer une étape d’endurance : sereins, posés, dans le flot.


Stage 3 : 90,5 km — 1 417 m D+ — un long souffle régulier jusqu’à Blaauwater


Il y a des étapes qui t’explosent,

et des étapes qui t’installent profondément dans l’aventure.


Celle-ci appartient à la deuxième catégorie.


  • Puissance moyenne pondérée : 183 W

  • Fréquence cardiaque moyenne : 146 bpm

  • 79 % en zone 2

  • Vitesse moyenne : 21,5 km/h

  • 1 417 m D+ posés sans violence


Le genre d’étape où tu accompagnes le paysage, au lieu de le subir.


La montée progressive te chauffe les jambes.

Le plateau sec te fait sentir minuscule.

La descente qui s’étire te fait sourire.

Puis tu glisses doucement vers Blaauwater, un petit point perdu au milieu du Karoo.



Dans le Karoo, le silence parle


Les pistes blanches, les montagnes lointaines, les troupeaux qui lèvent la tête quand tu passes…

Tout respire la simplicité.

Tout te ramène à l’essentiel.


Le corps répond.

Le mental flotte.

Et tu profites.


L’arrivée : discrète, propre, satisfaisante


Blaauwater, c’est le genre de village où on n’arrive pas…

On s’y dépose.

Doucement.

Comme une fin d’étape qui fait du bien.


Mais le vrai moment fort… arrive le soir.


Le Stage 3 aurait pu s’arrêter là : une belle journée, propre, fluide, sans drame.

Mais non.

Le vrai moment fort, celui qui te fait dire “ok, ce voyage est unique”, arrive le soir.


Pendant le briefing de l'étape 2, on annonce les qualifiés pour la Gravel Night, et mon nom sort.

30e temps sur le segment Red Bull du jour : assez pour décrocher mon ticket.


Je regarde Stéphanie : elle est qualifiée aussi.


D’un coup, on se retrouve projetés dans quelque chose de totalement différent… un truc à la fois fun, compétitif et complètement dingue.


La Gravel Night, c’est quoi exactement ?


C’est simple :

une boucle de 600 mètres entièrement éclairée au feu de bois, façon arène.

Tu pars avec une dizaine de riders.

Tu fais un demi-tour, tu respires un coup…


Et là, Tom Pidcock démarre derrière toi.


Oui, Tom Pidcock.

Le champion du monde, le gamin qui descend les montagnes comme un super-héros, celui qui grimpe mieux que ton FTP ne le voudrait.


Il part en chasse.


Et le principe est brutal :

👉 Dès que Pidcock te dépasse, tu es éliminé.

👉 Tu tiens ? Tu continues.

👉 Tu tiens encore ? Tu remontes sur la ligne pour un tour de plus.

👉 Tu te fais pousser des ailes rien qu’en entendant la foule.


C’est un mélange de show, de sprint, de survie et d’adrénaline pure.


L’ambiance ? Une folie.


Des projecteurs.

De la musique.

Les spectateurs qui hurlent ton prénom.

Le bruit des roues, les cris, la poussière dans l’air, les applaudissements…


Tu as l’impression d’être dans une scène de film.

Une parenthèse électrique dans la quiétude du Karoo.


Et franchement :

c’est magique.


Un truc que tu n’oublies pas.


Et être là, sur la même boucle que Pidcock, à côté de Stéphanie… c’est un petit rêve.


Deux Suisses, deux passionnés, deux gens normaux,

propulsés dans une arène improvisée au milieu de l’Afrique du Sud.


Le vélo, parfois, invente des histoires que tu n’aurais même pas osé écrire.


Pour finir...


Il y a des journées où tout s’aligne sans faire de bruit.

Où tu roules sans lutter, où le paysage t’apaise, où les kilomètres glissent comme si ton vélo connaissait le chemin.


Le Stage 3, c’était exactement ça : une parenthèse douce dans l’aventure, un moment suspendu entre Graaff-Reinet et Blaauwater, où j’ai senti le corps, la tête et l’Afrique du Sud jouer la même musique.


Et puis le soir a tout retourné : l’excitation, la surprise, la Gravel Night, l’adrénaline, l’impression de vivre quelque chose de rare.

Cette journée m’a rappelé que le gravel, c’est ça :

du calme, du partage, de la poussière… et des éclairs de magie que tu n’attendais pas.


Une journée simple.

Une journée belle.

Une journée qui restera


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