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Objectif 1000 km : Guide d’entraĆ®nement ultra-distance pour cycliste occasionnel

  • Jean-Marin Grillon
  • 27 fĆ©vr. 2025
  • 22 min de lecture

DerniĆØre mise Ć  jour : 3 juin 2025

Participer Ć  une course cycliste sur route de 1000 km est un dĆ©fi hors norme qui repousse les limites physiques et mentales du cycliste​. Pour un cycliste occasionnel, rĆ©ussir une course ultra-distanceĀ demande une prĆ©paration minutieuse sur plusieurs mois. La premiĆØre victoire sera dĆ©jĆ  de terminer l’épreuve, indĆ©pendamment du classement​. Dans cet article, nous dĆ©taillons les meilleures techniques d’entraĆ®nement pour vous transformer d’un cycliste loisir en un ultra-cycliste capable d’affronter 1000 km. Au programmeĀ : les Ć©tapes clĆ©sĀ de la montĆ©e en rĆ©gime, un plan d’entraĆ®nement progressif, des conseils de nutrition avant, pendant et aprĆØs la course, des stratĆ©gies de rĆ©cupĆ©rationĀ pour Ć©viter l’épuisement, et un guide de l’équipementĀ afin d’assurer confort et performance tout au long du pĆ©riple. Voici le Guide d’entraĆ®nement ultra-distance pour cycliste occasionnel:


Ɖtapes clĆ©s pour passer du cycliste occasionnel Ć  l’ultra-cycliste


Pour réussir votre défi de 1000 km, suivez ces étapes clés :


  • 1. Planifier et se donner du tempsĀ :Ā Choisissez une Ć©preuve adaptĆ©e Ć  votre niveau et accordez-vous suffisamment de mois pour vous prĆ©parer. IdĆ©alement, prĆ©voyez au moins 6 mois de prĆ©parationĀ avant un premier ultra​, voire plus si vous ĆŖtes cycliste occasionnel. Ɖvitez les courses en tout dĆ©but de saison afin d’avoir le temps de construire votre endurance​.


  • 2. Poser les bases d’enduranceĀ :Ā Augmentez progressivement votre volume de cyclisme hebdomadaire. Vous ne pourrez pas boucler 1000 km avec un mois d’entraĆ®nement improvisé : il faut progresser petit Ć  petitĀ et accumuler les kilomĆØtres sur la durĆ©e​. Commencez par rouler plus frĆ©quemment (trajets quotidiens, sorties courtes rĆ©guliĆØres) puis allongez vos sorties longues Ć©tape par Ć©tapeĀ : par exemple 50 km, puis 70 km, puis 100 km lors d’une mĆŖme sortie​. Cette progression habituera votre corps aux efforts de longue haleine.


  • 3. Structurer l’entraĆ®nement et varier les effortsĀ :Ā Mettez en place un plan d’entraĆ®nement Ć©quilibrĆ© incluant des sorties longues Ć  allure endurance, mais aussi des sĆ©ances plus courtes et intenses. Un plan efficace combine endurance fondamentale, entraĆ®nements fractionnĆ©s et phases de rĆ©cupĆ©rationĀ pour permettre Ć  votre corps de s’adapter de faƧon optimale​. La variĆ©tĆ© est cruciale pour dĆ©velopper toutes les qualitĆ©s physiques nĆ©cessaires (endurance, vitesse, force) tout en maintenant votre motivation.


  • 4. Augmenter graduellement la distance et la difficulté :Ā Chaque semaine, augmentez un peu le kilomĆ©trage de votre sortie la plus longue (en veillant Ć  ne pas accroĆ®tre le volume de plus de ~10% par semaine afin de rester progressif). Fixez-vous des jalons intermĆ©diairesĀ : par exemple, atteindre 150 puis 200 km en une sortie. Valider une sortie de 200 km est une Ć©tape importante – c’est typiquement la distance quotidienne Ć  enchaĆ®ner pour boucler 1000 km en environ 5 jours​. IntĆ©grez du relief Ć  l’entraĆ®nement (pour dĆ©velopper la force en cĆ“te) et apprenez Ć  rouler la nuit lors de quelques sorties, car une Ć©preuve de 1000 km impliquera probablement des portions nocturnes.


  • 5. Simuler l’épreuve et tester le matĆ©rielĀ :Ā En deuxiĆØme partie de prĆ©paration, rĆ©alisez des sorties « chocĀ Ā» sur deux jours consĆ©cutifsĀ pour habituer votre corps Ć  rouler fatiguĆ©. Par exemple, enchaĆ®nez une grosse sortie l’aprĆØs-midi et une autre le lendemain matin, avec une courte nuit de repos entre les deux​. Ce type d’enchaĆ®nement vous entraĆ®ne Ć  rouler sur la fatigue, sans toutefois reproduire la distance totale de l’épreuve pour ne pas vous Ć©puiser avant le jour J​. Profitez-en pour valider votre matĆ©rielĀ en condition rĆ©elleĀ : roulez avec les sacoches chargĆ©es, testez votre Ć©clairage de nuit, votre tenue, etc., afin d’identifier et corriger tout problĆØme en amont​. Ne laissez rien au hasard pendant ces rĆ©pĆ©titions gĆ©nĆ©rales.


  • 6. Affiner la prĆ©paration et rĆ©cupĆ©rer avant la courseĀ :Ā Dans le dernier mois, rĆ©duisez progressivement la charge d’entraĆ®nement (phase d’affĆ»tage) pour arriver frais au dĆ©part. PrĆ©voyez une taper d’environ une semaine de repos relatif avant la course​. Occupez ce temps par une rĆ©vision complĆØte du vĆ©lo, la prĆ©paration minutieuse de votre Ć©quipement et du sommeil supplĆ©mentaire. Sur la fin, il vaut mieux en faire un peu moins que tropĀ : l’objectif est d’être en pleine forme, pas surentraĆ®nĆ©.


En suivant ces Ć©tapes, vous posez les fondations d’une prĆ©paration complĆØte. Passons maintenant en dĆ©tail le programme d’entraĆ®nement, la nutrition, la rĆ©cupĆ©ration et l’équipement.


Programme d’entraĆ®nement progressif


Un bon programme d’entraĆ®nement d’ultra-distance doit augmenter progressivement le volume et l’intensité tout en intĆ©grant suffisamment de repos pour assimiler les progrĆØs. Voici comment structurer votre entraĆ®nement sur les mois menant Ć  la courseĀ :


Construction de l’endurance de base


L’endurance fondamentale sera la pierre angulaire de votre prĆ©paration, surtout si vous partez d’un niveau occasionnel. Commencez par instaurer une routine de sorties rĆ©guliĆØres Ć  basse intensité pour habituer votre systĆØme cardio-vasculaire et musculaire Ć  de longues heures d’effort. Par exemple, roulez 3 Ć  4 fois par semaine en endurance douce, en allongeant progressivement la durĆ©e de vos sorties les plus longues. La progressivitĆ© est un pilier essentielĀ : augmentez le volume d’entraĆ®nement par paliers, semaine aprĆØs semaine​.


Visez Ć  accumuler un premier gros bloc de kilomĆØtres d’endurance avant d’ajouter de l’intensitĆ©. On estime qu’il faut totaliser environ 1000 Ć  1500 km de sorties d’enduranceĀ pour commencer Ć  en ressentir pleinement les effets positifs sur votre condition physique​. ConcrĆØtement, sur 2 Ć  3 mois, vous pourriez passer de sorties de 50-60 km Ć  des sorties de 150-200 km. N’hĆ©sitez pas Ć  diversifier les activitĆ©sĀ en dĆ©but de programme pour dĆ©velopper votre condition gĆ©nĆ©rale sans monotonie (vĆ©lo, course Ć  pied, natation, etc.), et Ć©viter de vous griller mentalement trop tĆ“t​. Durant cette phase, pensez aussi Ć  calibrer votre positionĀ et votre matĆ©riel (rĆ©glages du vĆ©lo, chaussures, etc.) pendant que l’intensitĆ© est encore faible​.


Chaque semaine, prĆ©voyez au moins une sortie longue en endurance fondamentaleĀ (5 Ć  10Ā heures de selle si possible) qui constitue le socle de votre progression​. ComplĆ©tez avec 1 Ć  3 sorties plus courtes (1 Ć  2Ā heures) Ć  intensitĆ© modĆ©rĆ©e. Si votre emploi du temps est chargĆ©, privilĆ©giez la qualité : il vaut mieux quelques sorties courtes rĆ©guliĆØres que de trop rares sorties trop longues. Par exemple, le vĆ©lotafĀ (trajets quotidiens domicile-travail) est une excellente astuce pour cumuler des kilomĆØtres tous les jours et entraĆ®ner votre corps Ć  rouler frĆ©quemment​. Profitez-en pour apprendre vos propres rythmesĀ : jusqu’où pouvez-vous rouler sans pause, quel ravitaillement vous convient, quels moments de la journĆ©e vous ĆŖtes le plus en forme, etc. Apprenez Ć  connaĆ®tre vos limites et Ć©coutez les signaux de fatigue de votre corps.


IntƩgration de sƩances intensives


Une fois une base d’endurance solide acquise, introduisez graduellement des sĆ©ances de fractionné et de haute intensité pour amĆ©liorer votre puissance et votre vitesse de croisiĆØre. Attention, augmentez l’intensitĆ© avec prudenceĀ : un excĆØs d’intensitĆ© mal gĆ©rĆ© entraĆ®ne fatigue et risque de blessure, il faut y aller par paliers​. Par exemple, commencez par intercaler une sĆ©ance de 1h Ć  1h30 avec des intervalles chaque semaine. Le principe du fractionnĆ© est simpleĀ : Ć  mesure que l’intensitĆ© augmente, la durĆ©e de l’exercice diminue. Une sĆ©ance typique pourrait ĆŖtre 2Ɨ15 minutes au seuil avec rĆ©cupĆ©ration entre, ou des rĆ©pĆ©titions plus courtes Ć  haute intensitĆ©.


Ces entraĆ®nements intenses sont exigeants, mais heureusement on rĆ©cupĆØre plus vite d’une sĆ©ance de fractionnĆ© que d’une trĆØs longue sortie d’endurance​. Limitez-vous Ć  1 ou 2 sĆ©ances intenses par semaine, pas plus, et jamais deux jours de suite. Par exemple, faites une sĆ©ance de cĆ“tes ou d’intervalles en milieu de semaine, puis votre longue sortie d’endurance le week-end. Surveillez vos sensationsĀ : l’utilisation d’un cardiofrĆ©quencemĆØtre ou d’un capteur de puissance peut aider Ć  calibrer l’effort et Ć  Ć©viter de vous emballer au-delĆ  de vos zones cibles, surtout sur les fractionnĆ©s​. Maintenir la plupart de vos kilomĆØtres en zone d’endurance basse et seulement une petite fraction Ć  haute intensitĆ© (principe d’entraĆ®nement polarisĆ© 80/20) est une approche efficace en ultra​.


Augmentation du volume et simulations d’épreuve


Au fil des semaines, continuez Ć  allonger progressivement vos sorties longues. Chaque week-end, essayez de gagner quelques kilomĆØtres ou une heure de plus sur la sortie longue par rapport Ć  la prĆ©cĆ©dente, tout en restant Ć  un rythme confortable. IntĆ©grez du dĆ©nivelé de faƧon croissante pour prĆ©parer vos jambes aux cĆ“tesĀ : cherchez des parcours vallonnĆ©s, et rĆ©pĆ©tez des montĆ©es pour renforcer votre musculature spĆ©cifique​. Si vous n’avez pas de grands cols Ć  proximitĆ©, de multiples petites cĆ“tes enchaĆ®nĆ©es simuleront un effort prolongĆ© en montĆ©e. Ces ā€œjournĆ©es typeā€ Ć  fort dĆ©nivelĆ© permettent aussi de tester votre alimentation en conditions ardues​.


En arrivant Ć  quelques mois de l’épreuve, prĆ©voyez des week-ends chocsĀ ou des enchaĆ®nements de longues sorties sur plusieurs jours consĆ©cutifs. Par exemple, roulez 150Ā km un samedi puis 150Ā km le dimanche, ou encore 200Ā km + 100Ā km sur deux jours. Ce type d’enchaĆ®nement habitue votre corps et votre esprit Ć  repartir fatiguĆ© le lendemain d’une grosse Ć©tape. Attention Ć  bien rĆ©cupĆ©rer aprĆØs ces cyclesĀ et Ć  ne pas en abuserĀ : un seul week-end choc par mois suffit, car cet effort exceptionnel gĆ©nĆØre Ć©normĆ©ment de fatigue et de micro-lĆ©sions musculaires​. AprĆØs un bloc intensif, prĆ©voyez quelques jours allĆ©gĆ©s. Veillez aussi Ć  augmenter vos apports en protĆ©inesĀ pendant et aprĆØs ces pĆ©riodes pour aider vos muscles Ć  se reconstruire​.


Ne cherchez pas Ć  reproduire la course intĆ©gralement avant le jour J – c’est un piĆØge classique. Inutile, par exemple, de tenter 1000 km en une semaine d’entraĆ®nement, au risque d’arriver Ć©puisĆ© Ć  la course​. Mieux vaut fractionner l’effortĀ lors des simulations. Un conseil de proĀ : « partir en fin d’aprĆØs-midi, rouler jusqu’à minuit passĆ©, dormir 4-5h, puis repartir tĆ“t le lendemain »​. Cet exercice vous fait rouler de nuit et enchaĆ®ner de longues heures en situation de fatigue, sans pour autant vous ā€œcramerā€ complĆØtement. L’objectif est de tester vos limites progressivement, pas de les exploser avant l’épreuve.


Gestion de la fatigue et prƩvention des blessures


Sur toute la durĆ©e du programme, la gestion de la fatigueĀ est primordiale. IntĆ©grez systĆ©matiquement des jours de repos completsĀ chaque semaine (au moins 1 Ć  2 jours sans vĆ©lo). AprĆØs 2 ou 3 semaines de hausse de charge, prĆ©voyez une semaine allĆ©gĆ©e pour permettre au corps de surcompenser et de repartir plus fort. Ces pĆ©riodes de rĆ©cupĆ©ration font partie intĆ©grante de l’entraĆ®nementĀ : elles permettent Ć  votre organisme de rĆ©cupĆ©rer et d’assimiler les bĆ©nĆ©ficesĀ du travail effectué​. Ne culpabilisez pas de vous reposerĀ : le surentraĆ®nement vous guetterait si vous nĆ©gligez le repos, avec Ć  la clĆ© fatigue chronique, baisse de performance et blessures.


Pour prĆ©venir les blessures, soyez progressif et attentif. N’introduisez qu’un changement Ć  la fois (volume ouĀ intensitĆ©) afin de pouvoir identifier ce qui cause un Ć©ventuel surmenage. Si une douleur inhabituelle apparaĆ®t (genou, tendon, etc.), n’insistez pas aveuglĆ©ment : accordez-vous du repos supplĆ©mentaire et consultez un spĆ©cialiste si besoin. Ɖchauffez-vous et Ć©tirez-vousĀ rĆ©guliĆØrement pour entretenir votre souplesse musculaire. IntĆ©grez du gainage et du renforcement musculaireĀ hors vĆ©lo (abdos, bas du dos, tronc) une Ć  deux fois par semaineĀ : un core solide amĆ©liore votre posture sur le vĆ©lo et prĆ©vient les maux de dos sur les longues distances. Pensez Ć©galement aux petits soins prĆ©ventifsĀ : exercices d’assouplissement, auto-massages (avec un rouleau de foam roller), voire sĆ©ances chez un kinĆ©/ostĆ©opathe pendant la prĆ©paration pour corriger d’éventuels dĆ©sĆ©quilibres​.


En rĆ©sumĆ©, montez en charge progressivementĀ et de faƧon structurĆ©e. L’endurance demeure la base (beaucoup de kilomĆØtres Ć  faible intensitĆ©), complĆ©tĆ©e par quelques touches d’intensitĆ© pour Ć©lever votre niveau. N’oubliez pas d’écouter votre corps et de soigner la rĆ©cupĆ©ration tout du long (nous y revenons plus loin). En suivant ce programme, vous allez peu Ć  peu repousser vos limites et arriver fin prĆŖt pour le grand jour.


Alimentation : avant, pendant et aprĆØs la course


La nutrition est souvent le facteur clĆ© de rĆ©ussiteĀ sur les Ć©preuves d’ultra-distance – elle peut « faire ou dĆ©faireĀ Ā» votre course. Il faut donc la travailler tout autant que le physique. Voici comment gĆ©rer votre alimentation avant, pendant et aprĆØs les 1000Ā km.


Avant la course : faire le plein d’énergie (jours et heures prĆ©cĆ©dents)


Les jours prĆ©cĆ©dents l’épreuve, votre objectif principal est de maximiser vos rĆ©serves de glycogĆØneĀ (carburant stockĆ© dans vos muscles et votre foie). On conseille en gĆ©nĆ©ral de pratiquer une surcharge glucidique dans les 3 jours avant le dĆ©part. Cela consiste Ć  consommer une quantitĆ© importante de glucides complexes (pĆ¢tes, riz, semoule, pommes de terre, pain...) Ć  chaque repas pendant les 72h avant la course, mĆŖme si vous ĆŖtes en phase de rĆ©duction d’entraĆ®nement (affĆ»tage). N’ayez pas peur de manger plus que d’habitude durant ces quelques joursĀ : il est normal de prendre 1 Ć  2Ā kg (le glycogĆØne se stockant avec de l’eau), ce ne sera pas du gras et ces rĆ©serves supplĆ©mentaires seront prĆ©cieuses le jour J​. En parallĆØle, veillez Ć  bien vous hydraterĀ continuellement (boire de l’eau rĆ©guliĆØrement tout au long de la journĆ©e).


La veille de la course, adoptez une alimentation riche en glucides mais facile Ć  digĆ©rer. Ɖvitez les aliments lourds ou irritants qui pourraient perturber votre digestion ou votre sommeilĀ : pas de plats Ć©picĆ©s ou trĆØs gras, Ć©vitez l’alcool et les aliments trop riches en fibres qui accĆ©lĆØrent le transit (cruditĆ©s en grande quantitĆ©, lĆ©gumes secs)​. PrĆ©fĆ©rez des lĆ©gumes cuits pauvres en fibres (ex: carottes, courgettes), des viandes maigres (volaille) ou du poisson, et des fĆ©culents bien cuits​. Inutile de vous surcharger avec une ā€œpasta partyā€ gargantuesque juste avant le dodoĀ : mieux vaut avoir rĆ©parti les apports glucidiques sur les jours prĆ©cĆ©dents pour ne pas se sentir lourd le soir d’avant​. Mangez Ć  votre faim, sans excĆØs.


Le petit-dĆ©jeuner du jour JĀ doit ĆŖtre pris suffisamment tĆ“t pour ĆŖtre digĆ©rĆ© avant le dĆ©part. D’expĆ©rience, prenez-le au moins 1 heure (voire 2 heures) avant le coup d’envoi​. Il doit ĆŖtre Ć©nergĆ©tique mais digesteĀ : par exemple, du pain ou porridge avec miel/confiture, un produit laitier ou lait vĆ©gĆ©tal, un fruit bien mĆ»r, et Ć©ventuellement un œuf ou du jambon blanc pour un peu de protĆ©ine​. Ɖvitez le trop-plein de graisses ou de fibres le matin (pas de viennoiseries beurre + jus d’orange par exemple, qui combinent gras et aciditĆ©). N’hĆ©sitez pas Ć  boire du thĆ© ou cafĆ© si vous y ĆŖtes habituĆ©, mais ce n’est pas le moment d’essayer un double espresso si vous n’en prenez jamais. En gros, mangez des aliments connus que vous tolĆ©rez bien, suffisamment riches en glucides pour partir avec le rĆ©servoir plein, et hydratez-vous bien jusqu’au dernier moment. Une banane ou une barre de cĆ©rĆ©ales 30 minutes avant le dĆ©part peuvent apporter un dernier complĆ©ment de sucres faciles Ć  assimiler​.


Pendant la course : carburant en continu et hydratation


Sur 1000Ā km, votre credo sera manger et boire tĆ“t, rĆ©guliĆØrement et intelligemment. Il est vital d’adopter un rythme d’alimentation dĆØs les premiĆØres heures de courseĀ : n’attendez pas d’avoir faim ou soifĀ pour commencer Ć  vous alimenter. DĆØs la premiĆØre heure, prenez une premiĆØre collation, puis continuez d’ingĆ©rer quelque chose toutes les 20 Ć  30 minutes environ. L’idĆ©e est de fournir un flux constant d’énergie Ć  votre corps sans surcharger l’estomac d’un coup.


Visez un apport d’environ 60 g de glucides par heureĀ minimum​, soit ~240 kcal/h uniquement en sucres, auquel vous pouvez ajouter un peu de lipides/protĆ©ines sur les plus longues durĆ©es. En pratique, cela correspond par exemple Ć  consommer 500 kcal par heureĀ environ (toutes sources confondues) pour maintenir votre niveau d’énergie​. RĆ©partissez ces calories en petites quantitĆ©s frĆ©quentesĀ : une demi-barre Ć©nergĆ©tique ici, une poignĆ©e de fruits secs lĆ , quelques gorgĆ©es de boisson sportive, etc. Cette stratĆ©gie Ć©vite les « coups de barreĀ Ā» et facilite la digestion. Alternez le sucrĆ© et le salé pour prĆ©venir la saturation Ć©coeurante​. En ultra, mĆŖme les cyclistes qui adorent le sucre finissent par avoir envie de salĆ© au bout de plusieurs heures ! Vous pouvez par exemple alterner un gel ou une barre sucrĆ©e avec un petit sandwich au jambon/fromage ou une compote. Ɖvitez de consommer uniquement des gels Ć©nergĆ©tiquesĀ tout au long de l’épreuveĀ : sur la durĆ©e, l’excĆØs de produits trĆØs concentrĆ©s en sucre peut causer des troubles digestifs​. Gardez les gels pour un coup de fouet ponctuel ou en cas de nĆ©cessitĆ©.


HydratationĀ :Ā ne nĆ©gligez jamais l’apport hydrique. Un repĆØre frĆ©quent est de boire 500 Ć  750 mL par heure, Ć  moduler selon la tempĆ©rature et votre sudation. Ne partez jamais avec vos bidons Ć  moitiĆ© videsĀ : il vaut mieux perdre 2 minutes Ć  remplir ses bouteilles Ć  chaque occasion que de se retrouver Ć  sec pendant des heures​. IdĆ©alement, ajoutez des Ć©lectrolytesĀ (sodium, potassium, etc.) dans votre eau via des pastilles ou poudre isotoniques​, surtout par temps chaud, pour compenser les sels minĆ©raux perdus en transpirant. Une dĆ©shydratation mĆŖme lĆ©gĆØre peut ruiner votre endurance, donc buvez Ć  intervalles rĆ©guliers avant d’avoir soif. Profitez des points d’eau, ravitaillements, fontaines publiques pour refaire le plein dĆØs que possible.


Repas solidesĀ :Ā sur une course Ć©talĆ©e sur plusieurs jours, prĆ©voyez au moins un vrai repas par jourĀ si c’est possible. S’arrĆŖter pour manger un plat de pĆ¢tes, un sandwich consĆ©quent ou tout aliment « normalĀ Ā» permet de recharger plus complĆØtement les batteries et apporte un confort mental non nĆ©gligeable. Beaucoup d’ultra-cyclistes s’accordent une pause repas quotidienne, par exemple le soir, pour ingĆ©rer quelque chose de chaud et de consistant. Cela apporte protĆ©ines, lipides et une pause bienvenue dans l’alimentation sportive. Si l’organisation de l’épreuve offre des bases de vie ou des checkpoints avec ravitaillement, profitez-en pour un repas chaud et Ć©quilibrĆ©, ainsi que pour refaire vos bidons et Ć©ventuellement vous changer​.


Ɖcoutez vos envies (dans la limite du raisonnable)Ā :Ā sur la longueur, vos goĆ»ts peuvent changer. Vous pourriez soudain avoir envie d’un coca frais ou de chips salĆ©es alors que vous Ć©tiez parti sur des barres Ć©nergĆ©tiques uniquement. Tant que votre estomac le supporte, il est bon de satisfaire certaines envies alimentaires – cela fait du bien au moral et peut redonner un coup de fouet mental​. Beaucoup d’ultra-cyclistes n’hĆ©sitent pas Ć  s’offrir une pĆ¢tisserie locale ou un encas « plaisirĀ Ā» en cours de route pour se rĆ©compenser et se motiver. Le tout est de rester dans le domaine du digesteĀ : une part de tarte aux pommes en boulangerie, oui; un gros kebab bien gras en pleine canicule, non…


Tester en amontĀ :Ā La rĆØgle d’or est de ne rien expĆ©rimenter le jour de la courseĀ que vous n’ayez testĆ© Ć  l’entraĆ®nement​. Profitez de vos sorties longues de prĆ©paration pour Ć©prouver diffĆ©rents produits et alimentsĀ : quelle barre passe bien, quel gel vous convient, prĆ©fĆ©rez-vous les boissons isotoniques ou l’eau + aliment solide sĆ©parĆ©, etc. « Certaines personnes prĆ©fĆØrent les aliments liquides (gels, compotes, soupes), tandis que d'autres prĆ©fĆØrent les solides comme les fruits secs ou les sandwichs salĆ©s »​. DĆ©couvrez ce qui vous rĆ©ussit le mieux avantĀ la course. Testez aussi vos Ć©ventuels supplĆ©ments (cafĆ©ine, comprimĆ©s de sel, boissons de rĆ©cupĆ©ration…) durant vos entraĆ®nements durs pour Ć©viter les surprises. De mĆŖme, entraĆ®nez votre intestin Ć  manger en roulantĀ : s’alimenter en plein effort, Ƨa s’apprend. Les sorties longues servent de rĆ©pĆ©titions gĆ©nĆ©rales pour ā€œentraĆ®ner vos papilles et vos intestinsā€ Ć  absorber du carburant en roulant​.


Variez les saveurs et les textures. PrĆ©voyez un assortiment d’encas diffĆ©rents pour ne pas vous lasser (barres cĆ©rĆ©ales, gels, fruits secs, noix salĆ©es, biscuits, sandwichs, compotes, etc.). Comme le sucrĆ© pur peut devenir Ć©cœurant au bout de plusieurs heures​, ayez toujours une option salĆ©e Ć  disposition (crackers, cacahuĆØtes, mini sandwiches…). De plus, n’oubliez pas les protĆ©inesĀ sur les trĆØs longues distances. IntĆ©grer un peu de protĆ©ines (amandes, viande sĆ©chĆ©e, barres protĆ©inĆ©es, boisson protĆ©inĆ©e le soir) peut aider vos muscles Ć  mieux tenir sur la durĆ©e et Ć  rĆ©cupĆ©rer en cours de route​. LĆ  encore, testez en amont ce que vous digĆ©rez bienĀ : certaines barres protĆ©inĆ©es peuvent rester sur l’estomac, donc essayez-en pendant la prĆ©paration pour trouver la bonne.


Plan d’alimentation et autonomieĀ :Ā Avant la course, Ć©laborez un plan approximatif de ce que vous mangerez et où vous pourrez vous approvisionner. Sur 1000 km, il y aura des portions isolĆ©es (surtout la nuit ou en rase campagne) où vous ne trouverez rien pendant des heures. PrĆ©voyez toujours une marge de nourriture sur vous, par exemple un sandwich ou des barres d’avance pour parer aux imprĆ©vus​. De nombreux ultra-cyclistes emportent l’équivalent de 24 Ć  48Ā heures de nourriture d’avance sur les Ć©preuves non-assistĆ©es​. RepĆ©rez Ć  l’avance les villes ou commerces sur le parcours et leurs horaires d’ouverture. Anticipez les moments critiques (boulangeries fermĆ©es le lundi, Ć©piceries de village fermĆ©es l’aprĆØs-midi, etc.). Les stations-service ouvertes 24/24 peuvent sauver la mise la nuit​. Ayez sur vous de quoi payer (espĆØces et carte, Ć©ventuellement devise locale)​. En gestion d’autonomie, mieux vaut finir avec des barres non consommĆ©es que d’en manquer.


En somme, mangez et hydratez-vous en continu. Ne sous-estimez pas vos besoins caloriquesĀ : sur plusieurs jours d’effort, le dĆ©ficit Ć©nergĆ©tique peut monter Ć  des milliers de kcal par jour​, donc chaque petit apport compte pour prĆ©server votre endurance. Une bonne stratĆ©gie nutritionnelle maintient votre Ć©nergie, prĆ©vient le redoutable « coup de fringaleĀ Ā» et contribue grandement Ć  votre rĆ©ussite sur un ultra.


Après la course : bien récupérer et refaire le plein


Une fois la ligne d’arrivĆ©e franchie, il vous reste une derniĆØre Ć©tapeĀ : la rĆ©cupĆ©ration post-course. Bien se nourrir et s’hydrater juste aprĆØs l’effort est le meilleur moyen de remettre votre corps d’aplomb​. Dans les minutes qui suivent l’arrivĆ©e, pensez d’abord Ć  vous hydrater abondammentĀ (de l’eau, Ć©ventuellement une boisson de rĆ©cupĆ©ration riche en Ć©lectrolytes). Si vous avez du mal Ć  avaler du solide immĆ©diatement, commencez par des sucres rapides sous forme liquide – par exemple un verre de jus de raisin, riche en glucose et en antioxydants, pour apporter un carburant immĆ©diat Ć  vos muscles Ć©puisĆ©s​.


Dans la premiĆØre heure post-course, continuez Ć  vous alimenter par petites touchesĀ : une boisson de rĆ©cupĆ©ration ou un shaker (contenant glucides + protĆ©ines) est idĆ©al. Ensuite, dans les 2-3 heures qui suivent, prenez un vrai repas Ć©quilibrĆ© en privilĆ©giant Ć  nouveau glucides et protĆ©inesĀ pour reconstituer le glycogĆØne et rĆ©parer les fibres musculaires​. Par exemple, une collation salĆ©e avec 100Ā g de pĆ¢tes (poids cru) et du jambon blanc permet de commencer Ć  restaurer vos rĆ©serves​. Puis un peu plus tard, un repas complet avec une bonne portion de fĆ©culents, des lĆ©gumes et une source de protĆ©ines maigres consolidera le tout​. MĆŖme si l’appĆ©tit n’est pas tout de suite au rendez-vous, essayez de manger un minimum, sans vous forcer au-delĆ  de la satiĆ©tĆ© – l’important est de fournir Ć  votre corps les nutriments dont il a besoin pour se rĆ©parer.


Les jours suivant l’épreuve, continuez Ć  bien manger et boire. Votre corps a puisĆ© dans ses rĆ©serves, il faut les renflouer. Ɖvitez les excĆØs et l’alcoolĀ juste aprĆØs la courseĀ : bien sĆ»r, vous avez mĆ©ritĆ© une rĆ©compense, mais une alimentation complĆØtement anarchique lors des jours de rĆ©cupĆ©ration peut ralentir la rĆ©gĆ©nĆ©ration musculaire​. Par exemple, ne vous jetez pas sur le fast-food pendant trois jours d’affilĆ©e au motif que ā€œc’est finiā€Ā ! AprĆØs un ultra, on observe que ceux qui se laissent aller Ć  tous les excĆØs peinent davantage Ć  rĆ©cupĆ©rer et traĆ®nent une fatigue plus longue​. Faites-vous plaisir avec parcimonie, tout en maintenant un apport suffisant en lĆ©gumes (cuits de prĆ©fĆ©rence)Ā pour les vitamines et pour rĆ©hydrater l’organisme (une soupe, des lĆ©gumes en potage sont parfaits)​. Les aliments riches en omĆ©ga-3Ā (huile de colza ou noix, poissons gras, graines de lin…) sont recommandĆ©s pour leur effet anti-inflammatoire qui aide Ć  la rĆ©paration musculaire​. ƀ l’inverse, limitez les viandes rouges trĆØs grasses et l’alcool dans l’immĆ©diat aprĆØs-course, car ils entretiennent l’inflammation et la dĆ©shydratation.


Enfin, cĆ©lĆ©brez votre accomplissementĀ en partageant un bon repas avec vos proches, en rĆ©intĆ©grant progressivement une alimentation variĆ©e et Ć©quilibrĆ©e. Votre corps aura besoin de quelques semaines pour se remettre complĆØtement d’un effort aussi intense, ne soyez pas surpris de vous sentir fatiguĆ© les jours suivants. Continuez une activitĆ© physique douce (marche, vĆ©lo trĆØs lĆ©ger) dans les semaines post-course pour favoriser la circulation et Ć©viter le « videĀ Ā» absolu​, mais ne vous imposez pas de vrai entraĆ®nement tant que l’envie ne revient pasĀ : vous l’avez bien mĆ©ritĆ© !


StratƩgies de rƩcupƩration pendant la prƩparation


Pour arriver au dĆ©part d’une ultra-distance sans Ć©puisement, il faut autant entraĆ®ner sa capacitĆ© Ć  rĆ©cupĆ©rerĀ que sa capacitĆ© Ć  rouler. Voici quelques stratĆ©gies pour optimiser votre repos tout au long de la prĆ©paration et Ć©viter le surmenage.


  • Planifier des cycles d’entraĆ®nement avec rĆ©cupĆ©ration intĆ©grĆ©eĀ :Ā Comme Ć©voquĆ©, alternez les phases de charge et les phases de repos. Par exemple, trois semaines d’entraĆ®nement croissant suivies d’une semaine allĆ©gĆ©e. Pendant cette semaine de rĆ©cupĆ©ration, rĆ©duisez fortement le volume (50% ou plus) et supprimez l’intensitĆ©. Ce rythme permet Ć  votre corps de rĆ©parer les micro-dommages et de se renforcer. De mĆŖme, allouez au moins 1 jour de repos total par semaine et 1 jour de trĆØs lĆ©ger (petite sortie tranquille ou autre activitĆ© lĆ©gĆØre). Le sommeilĀ doit ĆŖtre une priorité : ciblez 7-9h par nuit et plus encore aprĆØs les plus grosses sorties. C’est pendant le sommeil que s’opĆØrent la majoritĆ© des processus de rĆ©paration musculaire.

  • Ɖcouter les signaux de fatigueĀ : Apprenez Ć  identifier les signes de surentraĆ®nement ou de fatigue excessive – par exemple une frĆ©quence cardiaque au repos anormalement Ć©levĆ©e, des jambes lourdes en permanence, des troubles du sommeil, une irritabilitĆ© ou un manque d’entrain inhabituel. Si vous ressentez cela, n’hĆ©sitez pas Ć  lever le pied. Il vaut mieux manquer une sĆ©ance que se blesser ou sombrer dans la fatigue. En cas de doute, prenez une journĆ©e de repos supplĆ©mentaire ou remplacez une sortie intense par un simple footing lĆ©ger ou du stretching. La flexibilité dans l’application du plan est importanteĀ : adaptez-le selon votre Ć©tat de forme rĆ©el.

  • Rituels de rĆ©cupĆ©ration physiqueĀ : AprĆØs chaque longue sortie ou sĆ©ance intense, accordez-vous 15-20 minutes de rĆ©cupĆ©ration active (retour au calme, pĆ©daler tranquillement) puis des Ć©tirementsĀ doux des principaux groupes musculaires sollicitĆ©s. L’objectif est de dĆ©tendre les muscles et favoriser l’élimination des dĆ©chets mĆ©taboliques. L’utilisation d’un rouleau de massage (foam roller) ou des massages manuels peuvent aider Ć  dĆ©nouer les tensions et Ć  accĆ©lĆ©rer la rĆ©cupĆ©ration musculaire. Certains coureurs planifient rĆ©guliĆØrement des sĆ©ances chez un masseur-kinĆ©sithĆ©rapeute ou un ostĆ©opathe pour traiter d’éventuels dĆ©sĆ©quilibres et optimiser leur condition physique​. Pensez Ć©galement Ć  bien vous rĆ©hydraterĀ et Ć  consommer une collation rĆ©cupĆ©ratrice (contenant protĆ©ines + glucides) dans la demi-heure suivant vos entraĆ®nements les plus durs, pour lancer le processus de rĆ©paration dĆØs que possible.


  • PrĆ©server sa motivation mentaleĀ : La rĆ©cupĆ©ration n’est pas que physique. S’entraĆ®ner pour un ultra est exigeant mentalement, il faut Ć©viter de se dĆ©goĆ»ter du vĆ©lo avant la course. Conservez une vie sociale et familiale Ć©quilibrĆ©e malgrĆ© l’augmentation du volume d’entraĆ®nement​. N’hĆ©sitez pas Ć  rouler en groupeĀ de temps en tempsĀ : partager des sorties longues avec d’autres cyclistes peut rompre la monotonie et vous motiver les jours où l’entrain vient Ć  manquer​. Variez les parcours pour Ć©viter la lassitude de toujours faire les mĆŖmes routes. IntĆ©grez Ć©ventuellement des Ć©vĆ©nements intermĆ©diaires (cyclosportive, brevet longue distance de 200-300 km) durant la prĆ©paration pour vous tester et vous changer les idĆ©es​. Ces Ć©preuves intermĆ©diaires servent d’entraĆ®nement, mais aussi de rĆ©compense et d’opportunitĆ© de rencontrer la communautĆ© des ultra-cyclistes, ce qui entretient la flamme de votre objectif.


En rĆ©sumĆ©, une bonne gestion de la rĆ©cupĆ©ration tout au long de la prĆ©paration vous permettra d’arriver frais sur la ligne de dĆ©part, avec l’envie et l’énergie nĆ©cessaires pour aller au bout des 1000Ā km. N’oubliez pas que l’équilibre entraĆ®nement-reposĀ est la clĆ© d’un progrĆØs durable et sans blessure.


Guide de l’équipement pour l’ultra-distance


Sur une Ć©preuve de 1000Ā km en autonomie partielle ou totale, votre Ć©quipement sera votre meilleur alliĆ© – ou votre pire ennemi s’il est mal choisi. Un matĆ©riel inadaptĆ© peut transformer les kilomĆØtres en calvaire. Voici un guide de l’équipement essentielĀ pour allier confort, sĆ©curitĆ© et performance sur la longue distance.


  • 🟢 VĆ©lo et rĆ©glagesĀ :Ā FiabilitĆ© et confort priment sur le reste.Ā Assurez-vous que votre vĆ©lo est en parfait Ć©tat mĆ©canique avant le dĆ©partĀ : faites une rĆ©vision complĆØte chez un vĆ©locisteĀ pour partir avec une monture qui ne vous fera pas dĆ©faut au bout de quelques centaines de kilomĆØtres​. Anticipez l’usure sur 1000 kmĀ : changez avantĀ la course les piĆØces d’usure qui pourraient lĆ¢cher (chaĆ®ne, cassette, plaquettes de frein, pneus), en les rodant au moins 15 jours avant l’épreuveĀ pour Ć©viter les surprises​. Optez pour une position de bike fitting confortableĀ : mĆŖme de petits ajustements de selle, cintre ou cales peuvent faire une Ć©norme diffĆ©rence sur la fatigue induite en de longues heures. Si ce n’est dĆ©jĆ  fait, faites une Ć©tude posturale pour caler prĆ©cisĆ©ment vos points d’appui (hauteur/recule de selle, position des chaussures, hauteur de guidon). Une bonne position minimisera les douleurs au dos, au cou, aux Ć©paules et aux mains sur la distance​. N’hĆ©sitez pas Ć  sacrifier un peu d’aĆ©rodynamisme pour plus de confort si vous dĆ©butez en ultraĀ : un vĆ©lo un peu plus lourd mais trĆØs confortable sera plus efficace sur 1000 km qu’un vĆ©lo ultra-lĆ©ger mais qui vous broie les cervicales. Par exemple, les vĆ©los de type gravel ou randonnĆ©eĀ en acier, titane ou aluminium offrent souvent plus de souplesse et de robustesse, apprĆ©ciables pour l’ultra​. Si vous visez simplement d’être finisher, privilĆ©giez la fiabilitĆ© et le confort au poidsĀ ; si vous visez le podium, un vĆ©lo carbone optimisĆ© pourra se justifier, mais ce choix est secondaire pour un premier ultra. Astuce confortĀ :Ā envisagez d’installer des prolongateurs de triathlon (barres aĆ©rodynamiques)Ā sur le cintreĀ : mĆŖme si vous ne les utilisez que quelques heures sur tout le parcours, ils permettent de varier la position et de soulager les mains et le dos par moments​. Testez-les bien sĆ»r Ć  l’entraĆ®nement.


  • 🟢 Roues et pneusĀ :Ā Optez pour des pneus robustes et endurants plutĆ“t que purement performants. Des pneus de section 28 Ć  32 mm, tubeless ou avec chambres renforcĆ©es anti-crevaison, sont un bon compromis roulabilitĆ©/rĆ©sistance. Ne partez pas avec des pneus usĆ©sĀ : mettez des pneus neufs (Ć©prouvĆ©s Ć  l’entraĆ®nement) avant l’épreuve, et emportez au moinsĀ deux chambres Ć  air de rechange (ou kit de mĆØches tubeless) ainsi que dĆ©monte-pneus et pompe. Des roues faciles Ć  rĆ©parer (Ć  rayons classiques) sont prĆ©fĆ©rables Ć  des modĆØles exotiques difficiles Ć  dĆ©panner en chemin.


  • 🟢 Kit de rĆ©paration et sĆ©curité :Ā Emportez un kit de rĆ©paration completĀ comprenant multitool (clĆ©s Allen, tournevis), dĆ©rive-chaĆ®ne + maillon rapide, dĆ©monte-pneus, chambres Ć  air (ou kit tubeless), pompe manuelle (fiable, pas juste des cartouches CO2), quelques colliers de serrage et un bout de pneu ou de gaine pour une rĆ©paration de pneu coupé​. Une trousse de premiers secoursĀ compacte est Ć©galement recommandĆ©e (pansements, dĆ©sinfectant, compresses, bandes, quelques antalgiques). VĆ©rifiez la liste du matĆ©riel obligatoireĀ fournie par l’organisateur s’il y en a une (couverture de survie, sifflet, brassards rĆ©flĆ©chissants, etc.) et assurez-vous de l’avoir – c’est pour votre sĆ©curité​.


  • 🟢 Ɖclairage et navigationĀ :Ā Sur 1000 km, vous roulerez certainement de nuit. PrĆ©voyez deux Ć©clairages avant et deux arriĆØreĀ (un principal et un de secours)​, ou au minimum des batteries/piles de rechange en quantitĆ© suffisante pour tout le trajet. Une lampe frontale peut aussi ĆŖtre utile pour les manipulations hors vĆ©lo la nuit. Choisissez des Ć©clairages avant de qualitĆ© (plus de 300 lumens) pour bien voir la route, et des feux arriĆØre puissants pour ĆŖtre vu. Restez visibleĀ : portez un gilet rĆ©flĆ©chissant la nuit et des Ć©lĆ©ments rĆ©flectifs sur le vĆ©lo/conducteur (obligatoires dans la plupart des ultras)​. CĆ“tĆ© navigation, un compteur GPS avec le parcours chargĆ© est presque indispensable. Assurez-vous de pouvoir le recharger (batterie externe USB ou dynamo moyeu reliĆ©e Ć  un chargeur). AstuceĀ :Ā profitez des arrĆŖts (bases de vie, cafĆ©s) pour recharger vos appareils Ć©lectriques – on trouve souvent une prise Ć©lectrique pour un petit coup de jus​. Emportez les cĆ¢bles nĆ©cessaires et Ć©ventuellement une petite batterie tampon.


  • 🟢 VĆŖtements et confort du cyclisteĀ :Ā Le choix du cuissard est capitalĀ pour votre rĆ©ussite – il en va de votre confort et mĆŖme de votre capacitĆ© Ć  continuer Ć  pĆ©daler​. Investissez dans un ou deux cuissards haut de gamme avec une peau de chamois de qualitĆ©, et rodez-les bien avant la course. Ɖventuellement, prĆ©voyez plusieurs tenuesĀ si un changement est possible (certaines courses offrent des sacs d’allure/dĆ©pĆ“t). Pour 1000 km, il peut ĆŖtre judicieux d’avoir au moins un cuissard et maillot de rechangeĀ pour alterner (cela permet Ć  la peau de chamois de sĆ©cher et rĆ©duit les risques d’irritation). Ɖvitez absolument les sous-vĆŖtements sous le cuissardĀ (source de frottements). Appliquez de la crĆØme antifrottement (chamois cream) sur la peau au dĆ©part et lors des longues journĆ©es pour prĆ©venir les irritations. Pour le haut, choisissez un maillot vĆ©lo ajustĆ© avec de bonnes poches, et apportez des couches supplĆ©mentairesĀ pour le froidĀ : manches amovibles, gilet sans manches (coupe-vent), veste de pluie impermĆ©able et respirante. La mĆ©tĆ©o pouvant beaucoup varier sur une telle distance, prĆ©voyez aussi des vĆŖtements chauds pour la nuit (coupe-vent, veste thermique lĆ©gĆØre)​. Pour les extrĆ©mitĆ©sĀ : gants courts rembourrĆ©s (et une paire de gants longs pour la nuit ou le froid), chaussettes de rechange, couvre-chaussures contre la pluie ou le froid. N’oubliez pas un casqueĀ bien ajustĆ© (obligatoire) et Ć©ventuellement une casquette sous le casque pour protĆ©ger du soleil ou de la pluie. Enfin, pensez aux lunettes de vĆ©loĀ (avec verres clairs interchangeables pour la nuit) pour protĆ©ger vos yeux du vent, des insectes et de la poussiĆØre.


  • 🟢 Bagagerie et rangementĀ :Ā Pour transporter tout cet Ć©quipement, optez pour des sacoches de bikepackingĀ fixĆ©es au vĆ©loĀ : typiquement une sacoche de selle Ć  l’arriĆØre (trĆØs prisĆ©e car elle n’affecte que peu la stabilitĆ© du vĆ©lo)​, Ć©ventuellement une sacoche de cadre et/ou de guidon selon vos besoins de stockage. L’organisation de vos sacoches dĆ©pend si vous avez besoin de bivouaquer (emmener un sac de couchage, etc.) ou si vous comptez dormir en dur. En tout cas, testez votre configuration de sacoches sur plusieurs centaines de kilomĆØtres avant la course​. Un chargement mal Ć©quilibrĆ© peut modifier votre maniabilitĆ© ou provoquer des douleurs (par exemple une sacoche de cadre trop large Ć©cartant les genoux). Trouvez la bonne rĆ©partition des masses et assurez-vous que tout est bien fixĆ© et Ć©tanche​ (mettez vos affaires dans des sacs Ć©tanches Ć  l’intĆ©rieur, on n’est pas Ć  l’abri d’une averse). Placez les choses dont vous aurez frĆ©quemment besoin Ć  portĆ©e de main (nourriture, veste de pluie, batterie, etc.). AstuceĀ : une petite sacoche de tube supĆ©rieur (top-tube), type ā€œfuel tankā€, est trĆØs pratique pour accĆ©der rapidement aux barres, gels et autres sans devoir fouiller dans les autres sacs.


En ayant un Ć©quipement fiable, testĆ© et adaptĆ© Ć  votre morphologie, vous augmenterez significativement vos chances de mener Ć  bien votre dĆ©fi. Un ultra de 1000Ā km ne pardonne pas les nĆ©gligences matĆ©riellesĀ : la moindre gĆŖne ou panne qui serait anodine sur 50Ā km peut prendre des proportions critiques sur 1000Ā km. Prenez donc le temps de peaufiner ce volet autant que l’entraĆ®nement ou la nutrition.


En conclusion, se prĆ©parer pour une course ultra-distance de 1000 km est un voyage en soi. En partant d’un niveau occasionnel, il vous faudra de la patience, de la rigueur et de la dĆ©terminationĀ pour suivre les Ć©tapes depuis les premiĆØres sorties d’endurance jusqu’aux derniers rĆ©glages avant le dĆ©part. Avec un entraĆ®nement progressif et variĆ©, une montĆ©e en charge maĆ®trisĆ©e, une bonne gestion de la fatigue, une nutrition rĆ©flĆ©chie et un Ć©quipement optimisĆ©, vous mettrez toutes les chances de votre cĆ“tĆ© pour atteindre votre objectif. N’oubliez pas que chaque kilomĆØtre parcouru dans cette prĆ©paration est une victoire qui vous rapproche du but. Le jour J, faites confiance au travail accompli, gĆ©rez votre effort avec humilitĆ© (la route est longueĀ !) et prenez aussi le temps d’apprĆ©cier l’aventure. 1000 km Ć  vĆ©loĀ restent avant tout une aventure extraordinaire – en vous prĆ©parant soigneusement, vous serez prĆŖt Ć  la vivre pleinement et Ć  franchir la ligne d’arrivĆ©e la tĆŖte haute, fier du chemin parcouru. Bonne chance et bon voyage sur la route de l’ultra-distanceĀ !


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